La limérence ?
Dernière mise à jour : 15 sept.

Nous avons tous la capacité à gérer notre bordel quotidien.
Vous décidez, vous tranchez, vous optimisez...
Un jour, vous envoyez un message et en retour vous ne voyez que 2 coches bleues (ou vertes, selon votre application de messagerie).
Limite si votre interlocuteur ne vous pas écrit "ok"
Et vous sentez votre brillant cervelet commencer à chauffer à blanc.
La limérence ?
Ce n'est pas de l'amour, c'est un cerveau hacké.
La limérence est un état d'obsession amoureuse involontaire où votre structure émotionnelle devient entièrement dépendante des signaux - ou de leur absence - d'une personne.
Le cerveau ne cherche plus une relation saine : il cherche sa dose de dopamine, comme un joueur compulsif face à une machine à sous, dans un casino.
Le vide...
Quand la limérence s'installe, votre esprit applique ses meilleures compétences... au mauvais endroit. Vous devenez obsédé par l'absence de réponse, échafaudant toutes les hypothèses possibles, en boucle.
42 minutes pour répondre ? Voire plus... ou pire... pas de réponse aujourd'hui ? Votre cerveau élabore instantanément 1,5 millions d'hypothèses. Le reste n'a plus beaucoup d'importance pour vous.
Le comportement compulsif : vous ouvrez l'appli, vous regardez le statut "en ligne à ", vous fermez, vous rouvrez.... Le circuit de la récompense est hacké par l'attente des 3 petits points.
Le problème du surcontrôle affectif, c'est qu'il ne contrôle rien du tout... Il sature votre espace mental jusqu'à l'insomnie ou aux réveils nocturnes.
A trois heures du matin, votre cellule de crise interne continue à faire hurler les alertes.
La méthode Coué ? Vous avez beau vous répéter que tout va bien, mais le petit monstre de l'Anxiété a d'autres projets pour vous.
Et comment faire alors ?
La limérence se nourrit de carburant que vous lui donnez : l'analyse.
Plus vous cherchez à comprendre le sens caché, plus vous alimentez le parasite.
En thérapie comportementale, l'objectif n'est pas d'analyser durant 5 ans le pourquoi, mais de s'attaquer au mécanisme : casser l'action compulsif de vérification ("play again"), puis de rediriger l'attention pour affamer l'obsession et enfin, réparer cette estime de soi, fragmentée et recollée, pour qu'elle n'aie plus besoin de la validation d'une personne qui est ailleurs, peut être derrière un écran, pour tenir debout.
Votre cerveau est un outil exceptionnel. Rendez lui ses vraies missions et laissez le dormir la nuit.
Dimitri V.W.




Commentaires